INTERVIEW : MUSIQUE CHIENNE

Être dehors et profiter dans les parcs c’est un truc qu’elle adore c’est  donc aux Buttes Chaumont qu’on a rencontré Musique Chienne. On avait oublié la bouteille d’eau pour pallier à la chaleur du soleil mais on avait pris quelques bières.

Comment tu as commencé la musique ?

C’est venu très jeune, j’ai commencé à faire des percussions au conservatoire, j’apprenais le xylophone, les caisses claires, les timbales.. Je faisais pas mal de stage de musique pendant neuf ans mais j’ai arrêté pour faire des études de dessin. L’enseignement au conservatoire était vraiment strict, je suivais quasiment que des partitions, la créativité n’était pas trop au rendez vous.

C’est il y a seulement cinq ans que j’ai vraiment commencé à écrire et à composer une musique plus personnelle

 

Qu’est-ce qui t’as donné envie d’en faire ?

Je me suis un peu baladée sur le net et j’ai vu qu’il y avait des gens comme moi qui faisaient de la musique tout seul, chose dont je n’avais pas conscience à l’époque. Et c’est aussi parce que j’ai rencontré un copain qui faisait ça et on a commencé ensemble.

 

C’est pas trop compliqué à gérer le dessin et la musique à la fois, tu penses qu’un jour tu devras faire un choix ?

J’ai fait un choix quand j’étais au lycée en choisissant le dessin, mais en étant en étude supérieure j’ai compris que je pouvais garder les deux et j’ai plus envie de choisir même si c’est très dur de se concentrer et sur l’un et sur l’autre en y mettant toute son énergie.

Pourquoi Musique Chienne ?

J’ai commencé un projet avec un ami qui s’appelait Musique Pauvre, puis qui est devenu Musique Riche, on faisait pas mal de trucs ensemble en mettant aussi des morceaux sur la plateforme Soundcloud,  qu’on faisait chacun de notre coté. A un moment on s’est un peu chamaillé , alors il a décidé de créer un autre compte (Musique Normale). Du coup je me suis dit que j’allais faire la même chose en créant mon truc et en l’appelant Musique Chienne. Le nom vient du fait que les chiens m’inspirent énormément.

Comment tu t’y prends pour composer ?

Je pars vraiment de rien, j’écoute tous les sons sur mes synthétiseurs, je trouve une petite base rythmique que je crée sur le clavier (j’utilise très peu la boîte à rythme) et après j’improvise, je coupe, j’assemble, je loope. Pour les paroles, j’en ai pas vraiment, ou alors de très simples (des mots ou jeux de mots que je répète la plupart du temps comme une ligne de synthé) parfois on m’en écrit ou je demande quelques lignes. Je regarde aussi les poèmes libres sur internet.

J’écris pas trop, j’ai un peu de mal, je préfère m’exprimer autrement avec le dessin.

Sarah-Louise Barbett ©
Sarah-Louise Barbett ©
Sarah-Louise Barbett ©
Sarah-Louise Barbett ©
Sarah-Louise Barbett ©
Sarah-Louise Barbett ©
Sarah-Louise Barbett ©
Sarah-Louise Barbett ©

 Plus de dessins : http://www.sarahlouisebarbett.com/

Avec qui aimerais-tu collaborer ?

Avec un ami qui s’appelle A c c o u on a le projet de faire un truc ensemble bientôt, pas forcément en même temps, mais plutôt de s’envoyer des choses à distance, une sorte de question-réponse. Il fait partie des exemples que j’ai découvert sur internet et qui m’ont donné envie de continuer la musique.

Sinon Flavien Berger, ça serait pas mal, car il est balaise et que j’aime beaucoup ce qu’il fait . Et aussi parce qu’il m’a pris sous son aile en m’invitant à faire deux premières parties à ses concerts.

Sinon je joue du xylophone dans un groupe qui s’appelle Lomboy le projet de Tania, une autrichienne. Vivian et Tony (deux amis) sont dans le groupe aussi. On va jouer d’ailleurs à Paris le 30 septembre, si tout est ok.

La collaboration a toujours été quelque chose de super important pour moi, j’ai toujours aimé échanger et partager avec des copains et copines d’internet

Tu bosses sur des trucs en ce moment ?

Oui sur un morceau qui s’appelle Cauchemar (peut-être que le nom changera quand il sera terminé). Sinon c’est plutôt quand j’ai envie, j’ai pas de truc précis.

Quand j’ai envie de faire de la musique j’en fais.

Y’a un truc hyper joyeux dans ce que tu fais, comme un fête heureuse ?

Une fête heureuse oui, c’est ça. J’ai envie de faire partager un truc, tout le monde le prends comme il veut. Mes morceaux sont tous très différents, j’aime bien envoyer une sorte d’ambiance particulière. Comme le morceau « Quand les souris dansent » j’ai envie qu’on voit des souris danser avec la musique.

 

C’est quoi être en vie ?

« être en vie » est le titre de ma K7 qui est sortie chez Cheptel Record en juillet, c’est aussi le nom du premier morceau , qui est aussi une vidéo qui dure même pas 30 secondes, et on y voit juste une famille qui apprend à marcher à son enfant, c’est un moment de vie. Je pense que ce que je fais, ressemble à des extraits de vie. J’ai aussi essayé de faire d’autres vidéos où on voit une famille et son enfant, avec un chien dans un parc, entrain de pique-niquer, ensemble. La vraie famille. Être en vie c’est être dehors et faire des choses avec les gens qu’on aiment, dehors ou à l’intérieur, mais le mieux c’est dehors parce que j’aime ça.

 

Est- ce que tu penses que les réseaux sociaux aident aujourd’hui ?

Je pense que oui, ça crée aussi une pression parce que parfois tu te dis que y’a trop de choses mais t’as quand même envie d’en faire partie. Le truc qui a changé c’est surtout que maintenant tout le monde montre ce qu’ils font dans leur intimité. Chaque petit projet est vraiment trop bien. C’est génial de pouvoir écouter ce que les petites personnes comme moi font.

 

Y’a t’il une femme qui t’as inspiré ou marqué ? 

Un peu Brigitte Fontaine, y’a une chanson que j’aime beaucoup, c’est Le nougat, le clip est vraiment pas mal aussi.

J’aime bien Bjork aussi, ses compositions sont vraiment intéressantes.

Et aussi la percussionniste Ruth Underwood qui fait partie du groupe The Mothers of Invention, fondé par Frank Zappa.

 

 

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