MUSIQUE: RENCONTRE AVEC JESSY LANZA

Le 17 février dernier, Jessy Lanza, originaire du Canada se produisait au Point Ephémère en première partie du groupe Junior Boys ; nous l’avons rencontré juste avant qu’elle ne se produise sur scène.

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Après avoir joué au Pitchfork festival en novembre dernier et déclenché l’engouement général avec son morceau It Means I love you , Jessy entamait sa deuxième scène parisienne.
La musique pour elle, a commencé il y a bien longtemps avec le jazz ; elle était professeur de piano, un job qui lui prenait beaucoup de temps et ne lui en laissait pas suffisamment pour créer. Suivant l’affluence et l’enthousiasme autour de ses morceaux, elle choisit d’abandonner les cours pour se consacrer à son univers. Son premier album Pull My Hair bad, sort en 2013, doté d’un flow R&b prenant source dans ses influences (Missy Elliot, Timbaland). Deux années plus tard sort You Never Show Your love, son second Ep.

Ces deux premiers opus sont  à l’image de ses inspirations : on retrouve cette patte très enivrante du R&b américain des années 80, un univers qui donne à sa voix la puissance désirée. Cette crédibilité déjà fixée auprès du monde de la musique, elle ne l’a pas eu sans mal mais à force de travail, elle nous raconte d’ailleurs une anecdote lors d’un concert :

j’étais toute seule sur scène, je jouais mes chansons et un mec me dit «  C’est trop cool, qui fait tes musiques ? »

Jessy sait s’entourer, elle collabore avec ses potes ou des gens qui lui plaisent vraiment musicalement, une manière de bien travailler tout en ne s’éloignant jamais de son univers musical.
Depuis février elle entame une tournée internationale avec  Jeremy Greenspan du duo canadien Junior Boys, avec qui elle collabore régulièrement. Que ce soit sur la production ou la création, il  est important pour elle de trouver de bonnes étoiles.

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Credit photo Hollie Pocsai

La création, oui, mais pas n’importe laquelle. Ce qu’elle aime c’est utiliser des boucles : de sons enregistrés, de musiques qu’elle aime ou juste des voix. Pour son dernier morceau en date It Means I love You, elle est partie d’une boucle d’un morceau venant d’un groupe d’Afrique du Sud.
À l’inverse de ses deux précédents opus, on re-découvre une influence aux sons plus électroniques, avec une voix très saccadée qui accentue la cadence du morceau, à la limite de la dub.

Quand on voit son entourage, Jeremy Greenspace, véritable techno-man, ainsi que Christina Sealey qui partage le studio de Jessy, on comprends vite ce remaniement vers quelque chose de plus électronique.

 

 

Désormais en tournée jusqu’en juin 2016, entourée de Junior Boys, Jessy Lanza passera au Primavera à Barcelone, à Londres au Music Hall. Pour ceux qui l’ont loupé à Paris,  il faudra attendre le 25 mai pour la voir au Badaboum .  En attendant le nouvel album qui sortira le 13 Mai prochain, on réécoute It Means I love You avec plaisir !