MUSIQUE : RENCONTRE AVEC CLAUDE VIOLANTE

 

Nous nous sommes données rendez vous la semaine dernière, dans un bar à Belleville. Casque au bras, Camille Petitjean, plus connue sous le nom de Claude Violante, s’excuse de son (mini) retard avant même de prendre place. Nous l’excusons de bon gré, on commande sa grenadine, les questions peuvent commencer.

Claude Violante a sorti son premier EP éponyme il y a 4 ans, sur le label parisien Tsunami Addiction. Ce label regroupe pour la grande majorité des artistes féminins, et une palette de styles très larges. Il s’agit alors de son premier projet entièrement solo (en dehors de ses remixes), qu’elle conduit parallèlement à son projet Haussmann, en duo avec Thomas (Beau Travail), avec qui elle compose notamment des BO de films (Boys Like Us, et plus récemment Free Bullet).

Sur scène, pour l’audition electro des Inouïs du Printemps de Bourges du 3 Février dernier au Trabendo, son acolyte était à ses côtés. Mais Camille compose en solo, Thomas est surtout là pour lui prêter main forte lors du live. D’ailleurs, elle nous fait remarquer que lors des soundchecks, les ingés son s’adressent toujours à Thomas : « On se dit qu’il sera plus à même de répondre que moi, parce que techniquement, les filles n’y connaissent rien ; il joue très bien, mais il m’accompagne avant tout sur ce projet. » Ah, le sexisme dans la musique… Quand on lui parle de sa douce performance scénique, elle nous dit qu’elle ne se voit pas « courir partout, un peu comme Grimes pour ses concerts ». Elle y a présenté son dernier EP, Your Heart is Weak sorti l’été dernier :

Nous en venons alors à ses références, à sa pure signature 90’s. « J’ai été élevée à la soul. Mais attention, la soul Motown… » On acquiesce, c’est bien cette emprunte qui se retrouve dans sa manière de chanter. Elle cite également la techno, en pure kid des années 90, et, bien sûr, le r’n’b.

Camille semble avoir un naturel assez timide, réservé. Mais c’est son éclat de rire qui retentit lorsqu’on lui fait remarquer l’omniprésence de l’amour dans ses paroles. « Toi t’as cru que ça parlait d’amour. Mais ça peut parler d’amour pour parler d’autre chose, tu vois. Bon, il faudrait peut être que je varie un peu, que je me fasse violence… » . Camille part de sa musique pour écrire ses textes. C’est le son qui lui inspire les mots : « souvent ça part de la musique, je trouve des accords, une idée de comment le morceau pourrait avancer, et ce truc là inspire des mots, c’est comme ça que j’écris mes paroles ». Elle envisage peut être d’écrire en français sur l’album à venir, « bientôt j’espère, on a pas mal de travail encore sur la prod ».

Lorsqu’on lui demande quelles sont les femmes qui l’inspire, elle marque un long temps de réflexion. « Il y en a plusieurs ; déjà je dirais Kate Bush. C’est un peu cucu, mais elle a fait des trucs que je respecte, non pas parce que c’est une meuf, mais elle a  un truc de liberté qu’on ne peut que envier quand on fait de la musique. » Elle cite aussi Jane Goodall qui s’occupait des gorilles au Rwanda : « elle s’est vraiment battu corps et âme pour les animaux, je trouve ça très fort. »  Finalement, elle mentionne Carson McCullers, une écrivaine du sud des États-Unis des années 1940. « Lisez Frankie Addams, c’est l’histoire d’une petite fille qui trouve pas trop sa place. Grossièrement, McCullers écrit sur les gens qui sont à côté de la plaque dans la société, mais qui ont une certaine richesse. »

On arrive à la fin de nos questions, on a pris des photos, c’est l’heure de rentrer. Mais il semblerait que Camille ait repéré un moyen de terminer notre rencontre de la meilleure manière qu’il soit : « on se fait un babyfoot, ça vous chauffe ? ». Ouais, bien sur qu’on va jouer. Nous sommes 4, on fait des deux contre deux. On a changé les équipes 3 fois.

Et elle a gagné 3 fois.

L’actu est assez dense pour Camille, après être passée au chantier des Francos fin Janvier, et avoir enchainé sur les inouïs du printemps de Bourges du Trabendo, deux dates sont à retenir au Badaboum : aux côtés de Yanis le 17 Février, et avec le collectif Fils de Vénus le 9 Mars.