ART-PLASTIQUE : Aneta Bartos, un regard, des corps

Aneta Bartos délivre des photographies sombres où le corps, la sexualité et l’érotisme donne une vision nouvelle de l’être humain.

Née en Pologne, Aneta Bartos est élevée par sa grand-mère ; à l’âge de 16 ans elle rend visite à sa mère aux États-Unis et décide d’y rester. C’est à ce moment-là qu’elle commence la photographie qui devient un moyen de communiquer, comblant son incapacité à parler anglais. Elle comprendra très vite que cette activité est bien plus qu’un hobby, que la photo deviendra importante pour elle.

Le regard dans le travail d’Aneta Bartos est un élément primordial, notamment celui de l’homme. Selon elle, « le regard de l’homme suggère que les femmes sont conditionnées pour voir le monde et leur condition à travers le regard de ces derniers ; la femme doit être regardée, pas regardeur. » (Interview pour Elephant, décembre 2015). Ce phénomène est complètement établi dans notre société et c’est cela que tente de combattre Bartos à travers ses œuvres.

Détruire le regard du sujet

La série 4 Sale part d’un projet conçu avec trois autres artistes -Martynka Wawrzyniak, Elle Muliarchyk, Yana Toyber- : chacune devait produire un travail explorant le rôle de l’exhibitionnisme, du voyeurisme et de la sexualité féminine. Bartos a choisi d’orienter son projet sur la place de la femme et sa portée politique face à l’homme. En mettant en scène des corps de femme, visages brouillés ou cachés, l’artiste émancipe ses sujets de l’homme, de son regard ; saturée par les corps féminins, leurs positions et leurs sexes, ces photos deviennent un terrain miné pour l’homme. La photographe expliquera que ce travail « lui a fait prendre conscience de l’ordre patriarcal établi dans l’art et la société [qu’elle a ensuite] défier dans son travail et sa vie de tous les jours. » (Interview Destricted Revue)

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Inverser le regard

En 2010, après 4 Sale, Aneta Bartos entame la série Boys, une série de portraits d’homme se masturbant. L’idée de l’artiste est de malmener le regard, renverser les rôles et créer un regard féminin. Ce projet favorise les perspectives de la femme face à l’homme : on ne crée plus un dialogue pour revendiquer l’égalité, mais on met en scène la sexualité du point de vue de la femme.

Opposition, rencontre, fusion

Avec la série Spider Monkeys, Aneta Bartos fait référence aux créatures du même nom : mi-humain, mi-animal avec de longues jambes proches de celle de l’araignée, inspire attraction et répulsion, à la manière de la dualité de l’homme. Allant au-delà de la créature humaine, ces corps emboîté font appel à l’imaginaire et inspire l’horreur.

C’est une réflexion narcissique, un alter ego où une partie entière forment deux personnalités différentes : quelque chose que chaque personne combat et tente de supprimer ou cacher.

 

A travers ses œuvres, d’Aneta Bartos propose de regarder le corps qu’il soit féminin ou masculin sous un jour nouveau : en les mettant en scène dans un décor épuré et sombre, leurs sexualités s’exacerbent afin de prendre à contre-pied le patriarcat, la nature humaine.

En voir plus sur le site d’Aneta Bartos