MUSIQUE : RENCONTRE AVEC OKLOU

C’est dans son studio qu’on a rencontré Oklou, dégaine 80’s, passionnée, elle nous a offert un live inédit.

Comment as-tu commencé la musique ?

De façon très académique, j’étais toute petite, à l’école de musique et au conservatoire. De base j’ai une formation interprète, j’ai appris le piano, le violoncelle, on va dire que c’est mon premier lien avec la musique.

Et après ? Comment on en arrive à OKLOU ?

Je dirais que c’est dans la suite logique. Je sépare deux choses : le côté technique, c’est une phase qui n’est pas forcément nécessaire pour moi quand tu veux créer des trucs et après il y a le côté création. Ma création au fil de mon existence s’est manifestée par pleins de médias différents, quand j’étais petite j’adorais le dessin, je faisais de la danse… La seule différence avec cette époque, c’est qu’aujourd’hui je diffuse ce que j’expérimente (grâce à youtube par exemple) du coup il y a un accès et les gens peuvent voir. Concrètement j’ai toujours écrit des chansons, composé des trucs, c’est juste que maintenant je publie. En vrai la seule différence c’est que les moyens de diffusions ont changé.

Daubron Soraya ©
Daubron Soraya ©

Comment est-ce que tu définis ta musique ?

Avec le recul que je peux avoir, même si c’est compliqué, j’ai l’impression d’être à un carrefour entre l’attachement que j’ai à la musique populaire, aux chansons  « easylistening », à la culture du tube à laquelle je suis attachée et les choses plus undergrounds et expérimentales, moins grand public, mais qui assouvissent grandement ma curiosité. Après, si on parle de style, mon chant est teinté de RNB à fond, c’est comme ça.

Dans mes productions, je suis un peu une éponge, c’est un défaut et une qualité, mais dès que j’ai une influence nouvelle je vais essayer un nouveau truc. J’ai encore besoin de temps pour clarifier mon style. Je ne me considère pas du tout comme une chanteuse, je n’en suis pas une, même si certains articles ont pu me définir ainsi. J’utilise surtout ma voix comme un instrument, au même titre qu’un synthé.

 Comment tu composes ?

Cela dépend, si je devais prendre un exemple sur mon Soundcloud Oklou la majeure partie des instrus sont créés par moi. A l’inverse sur mon autre compte avril23  parfois il y a juste des edits de trucs que j’aime bien, beaucoup de sampling du coup. Quelle que soit la difficulté technique de ce que tu produis, ce qui est intéressant ce sont les choix que tu fais, pas les moyens que tu emploies. Quand tu écoutes un artiste par exemple, sans forcément en avoir conscience tu captes le choix des boucles, des cuts, des procédés et c’est là où tu perçois la sensibilité. Créer c’est la liberté totale, il n’y a pas de règle, si tu le décides.

Avec qui t’aimerais faire des collabs  ?

J’aimerais bien chanter sur les productions de label comme Night Slugs ou Fade to Mind  qui ont un catalogue de producteurs qui me parle beaucoup. Je trouve leurs productions très riches et inspirantes.

Le parcours d’une femme qui t’as inspiré ?

On a tous eu nos idoles de jeunesse, mais personnellement je n’ai pas suivi une carrière féminine en particulier pour pouvoir me référer à un parcours. J’ai récemment découvert le travail de Laurie Anderson, même si je connaissais déjà son nom. Elle a fait une conférence à la Redbull Music Academy et j’ai été touchée par sa manière de parler de sa vie, tu sens qu’elle a mené tous ses projets avec conviction et sincérité. On la connaît surtout je pense, pour son parcours musical, mais elle a aussi fait beaucoup de choses dans le milieu de l’art contemporain ( performances, installations), travail avec des prisonniers ou même des concerts pour chiens … C’est ce qui ressortait de son témoignage, justement, cette notion de liberté dans la création. C’est la dernière femme en date qui m’a touchée. En artiste plus contemporaine et en tout cas musicalement j’aime beaucoup Laurel Halo par exemple.

 

 

On retrouve Oklou en live à la Trou Aux Biches le 5 décembre.

https://soundcloud.com/oklou93

Publicités