CINEMA : Hot Girls Wanted, le porno amateur à l’ère d’Internet

L’apparition d’Internet à complètement muté les modes de consommation de la pornographie : à l’instar de l’industrie du disque, l’industrie du porno fait les frais de la dématérialisation et du piratage. La toile à par ailleurs permis l’essor d’un genre : le porno amateur.

Dans les années 80, l’apparition de la VHS a donné un souffle nouveau à l’industrie du porno qui était alors limité par des taxes, par la censure : le consommateur, n’ayant plus besoin de se rendre dans les cinéma spécialisés, devenait anonyme et pouvait alors goûter les joies de la masturbation à domicile. Avec l’arrivée d’Internet, les tubes gratuits ont pu atteindre facilement ces mêmes consommateurs, mettant en péril les productions professionnels. Ces tubes ont en même temps pu mettre en avant de nouvelles productions mettant en scène tant votre ancienne copine de lycée que votre voisin de pallier : le porno amateur. Le documentaire Hot Girls Wanted, réalisé par Jill Bauer et Ronna Gradus (ancienne journaliste du Miami Herald) et présenté à la dernière édition du festival de Sundance, dévoile la face cachée de ces productions amateurs aux Etats-Unis.

Trailer Hot Girls Wanted

Produit par l’actrice Rashida Jones, le documentaire est une critique acerbe de la manière dont sont recrutées et traitées de très jeunes femmes -entre 18 et 21 ans- pas toujours au courant du « poste » qu’il leur est proposé. Une simple réponse à une petite annonce postées sur le site Craiglist suffit pour sauter dans le premier avion et se faire filmer pour la première fois. Si pour certaine, la performance pornographique est un moyen de payer ses études, beaucoup d’entre elles ont l’ambition de devenir des stars. Or l’argent n’est pas forcément au rendez-vous comme on peut le voir dans Hot Girls Wanted : en effet, les jeunes femmes doivent généralement financer leur voyage, leur hébergement… Pour se produire dans des films ne respectant pas loi du port du préservatif, pour évoluer dans des pratiques pas toujours souhaitées. La solution pour certaine reste les chats qui constituent un gain financier, un gain de notoriété tout en contrôlant complètement l’environnement de travail.

Disponible sur Netflix, le documentaire a pour but de « sensibiliser les parents et les jeunes » sur les annonces internet promettant monts et merveilles, finalement loin du glamour promis. Les réalisatrices du film ont l’ambition d’interpeller les politiques afin de modifier les textes de loi protégeant les actrices. De toutes façons, le mieux à faire est encore de payer pour regarder de bon et beau porno, un porno éthique, féministe qui fera d’ailleurs l’objet d’un prochain article !

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