RENCONTRE : LESBOPHOBIE, UNE VIOLENCE FAITE AUX FEMMES

Hier soir avait lieu une rencontre sur la lesbophobie au Centre Hubertine Auclert. Sujet intéressant, je m’y suis donc rendue. De nombreuses militantes étaient présentes lors de cette rencontre : Iman Karzabi, chargée de mission du Centre Hubertine Auclert, la Coordination Lesbienne en France était représentée ce jour par Jocelyne Fidlard et Marie Josèphe Devillers : collectif créé en 1997 à la suite d’une conférence féministe de Pékin en 1995, féministe oui, mais pas lesbienne. Groupe né d’une discrimination donc. Plus proche du mouvement des femmes, l’asso est venu pour mettre l’accent sur le fait que la lesbophobie soit un allié naturel des violences faites aux femmes. En somme, la lesbophobie est une addition entre le sexisme et l’homophobie. Il était important de le préciser car il fallait « mettre un mot pour dire nos mots ». Le collectif accompagne les victimes dans leur démarche de plainte en payant les frais d’avocats, car encore trop peu ne vont pas au bout faute de moyen ou de soutien. Triste de devoir l’annoncer, c’est tout de même en ayant les couilles de dénoncer la lesbophobie que la visibilité s’est créée. La co-présidente du Centre LGBT de Paris, Flora Bolter, était aussi à l’appel. Elle nous a expliqué que ce centre d’accueil, créé en 1993, est ouvert à tout-e-s pour augmenter la visibilité et l’estime de soi. Y’a aussi des permanences juridiques, sociales, d’aide à l’emploi et à l’orientation. On peut aussi se retrouver dans le bar associatif où tout le monde peut être, vivre et parler de son homosexualité tranquillement autour d’un petit kawa. Dans le public étaient présentes d’autres femmes engagés dans des associations comme CQFD Fierté Lesbienne et Lesbians Of Color.

 

Lors de cette rencontre, j’ai appris, entre autres que le mot lesbophobie était apparu dans le dictionnaire seulement cette année et de ce fait multiples associations, collectifs se sont rassemblés ce jour-là afin de discuter des violences faites aux femmes, mais plus particulièrement aux lesbiennes qui, elles aussi, sont avant tout des femmes. Parmi ces associations : SOS Homophobie, qui est venu parler de leur enquête sur la visibilité des lesbiennes d’aujourd’hui et du comment se manifeste la lesbophobie. La Coordination Lesbienne en France et Le Centre LGBT Paris étaient là aussi pour échanger entre asso investies dans la lutte.

 

SOS Homophobie a enquêté auprès de toutes les lesbiennes de France d’avril à juillet 2013, présentée par Julie Bois et Juliette Ponceau. La question sur la visibilité a montré que celle-ci n’était pas si facile de nos jours. Les échanges avec les proches sont contrôlés. Bah oui, pas grand monde ose en parler à leur famille parce que, pour la plupart, les parents ne comprennent pas et préfèrent rejeter qu’accepter. Du coup elles font beaucoup plus confiance à leurs ami-e-s qui, finalement, est une famille qu’on choisit.

La majorité des couples lesbiens ne se cachent pas. En fait si, mais ça dépend du contexte. Evidemment, deux filles qui s’embrassent devant un groupe de petits cons mal dans leur peau (pour éviter de tomber dans le vulgaire) prennent le « risque » de se faire insulter, menacer, agresser…

Il a été démontré que les lesbiennes qui s’engagent explicitement en allant à des rassemblements vivent dans les grandes agglomérations et celles qui habitent les provinces s’investissent tout autant, mais plus implicitement en lisant des revus et en adhérant à des associations. C’est quand même plus simple d’être une petite goudou dans une grande ville, qu’une grosse lesbos dans un petit patlin.

La façon de s’habiller fait partie intégrante du stéréotype de la lesbienne. Bien sûr, on pense forcément au style « camionneuse » et, même s’il est encore présent, l’enquête (ainsi que les soirées auxquelles tu vas) a prouvé que c’est une minorité. En effet, la majorité se sape de manière féminine. Donc si ça se trouve, la majorité des meuf PIMP trop bonnes que tu croises peuvent devenir une cible ou une concurrente.

 

Les manifestations de lesbophobie peuvent se trouver absolument partout. Dans la rue, principalement par des mecs, surtout quand ces salauds sont en groupe ; au sein du cocon familiale genre « pourquoi ta sœur est normale et pas toi ? » ; au taff parce que la plupart de tes collègues sont des idiots coincés, fermés et même refoulés ; dans les milieux scolaires, et oui, les jeunes sont de plus en plus bêtes et méchants, mais aussi les « adultes » qui savent quand il faut fermer les yeux pour ne pas se mouiller (mouiller haha ! Désolée) et contre toutes attentes dans les milieux médicaux, les femmes surtout, comme les gynéco ou les psy qui vont jusqu’à demander si la patiente est sûre d’être lesbienne ! Et toi connasse, t’es sûre d’être médecin, sérieux ?

 

Tout ça peut provoquer des conséquences pratiques et psychologiques graves : tristesse, enfermement, culpabilité, démotivation, dépression, fuite et j’en passe. Les lesbiennes sont partout, mais ne se montrent pas toujours. Depuis des années on peut voir de plus en plus d’associations se créer pour les accompagner et les aider à mieux assumer et surtout vivre leur homosexualité dans cette jungle. Un brochure a particulièrement attirée mon attention : Littérature de jeunesse. Pour apprendre aux gosses, le plus tôt possible, qu’on est tous égaux.

 

Liens à consulter : – Centre Hubertine Auclairt : http://www.centre-hubertine-auclert.fr/egalitheque

– CNDF : http://www.collectifdroitsdesfemmes.org/

– CLF : http://www.coordinationlesbienne.org/spip.php?article16

– Centre LGBT Paris : http://www.centrelgbtparis.org/

 

Bisous

 

Morticia.

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