Des mots qui pèsent lourds : la campagne contre le suicide des LGBT

En ce Jeudi 5 février, journée de prévention contre le suicide, l’inter-lgbt lance une campagne contre le suicide des personnes LGBT avec à l’appui deux visuels chocs et un spot radio.

Campagne Inter-LGBT/TBWA Paris, Février 2015



Pour tout.e.s les averti.e.s, ce n’est pas nouveau. Les personnes LGBT se suicident plus que la moyenne, 4 fois plus en fait. Malgré la connaissance de ce chiffre, rien n’a été fait en guise de prévention. Jusqu’à cette campagne contre le suicide des LGBT, lancée par l’inter-LGBT en Septembre à l’occasion de la journée mondial de lutte contre le suicide. Un spot radio diffusé sur Fun Radio, où sont dénoncées des insultes courantes telles que « pédé »,  « gouine » ou « tapette ». En ce 5 Février, journée cette fois nationale pour prévention du suicide, des affiches presque dérangeantes par leurs réalités sont épinglées sur le net.

Ces mots dénoncés s ‘apparentent à de l’homophobie ordinaire. Tellement ordinaire qu’au sein même de ce qu’on pourrait appeler la communauté LGBT, ces insultes y sont banalisées. Pour l’anecdote, lors d’une soirée queer récente un conflit s’est déclaré dans la queue de la billetterie, un jeune homme échauffé par l’alcool a lancé un bon gros « sale pédé ». Quelques personnes lui ont fait remarquer que ce n’était pas vraiment le lieu pour sortir ce genre de chose, et sa justification fut tellement significative : « non mais je suis pédé comme un phoque ». Merci bien, ça a illuminé ma soirée.

La surexposition des personnes LGBT à cette situation de sursuicidalité met en cause bien entendu le rejet, les discriminations et les actes violents, mais aussi plus à l’usure : les insultes. Un angle pas toujours étudié ni même sujet à aucune mesure éducative. Un manquement que l’inter-lgbt montre du doigt avec cette campagne. Avec pour objectif de convaincre la population, qu’elle soit ou non sensibilisé à la cause LGBT, que les mots ont leurs poids et leurs conséquences. En second plan, c’est aussi un signal d’alarme directement adressé au gouvernement. On ne peut détourner le regard de ce problème de santé publique lorsque celui-ci prend autant d’ampleur. L’OMS et l’Observatoire National du Suicide font le même état des lieux, ce lien entre discrimination, violence et hausse des suicides chez les personnes LGBT. Depuis 2012, le gouvernement ne cesse de reculer face à ces engagements, malgré sa connaissance des chiffres terriblement choquants.

Effectivement, ce n’est pas parce qu’on nous accorde (du bout des doigts) le droit de se marier entre personne du même sexe que les actes homophobie sont en baisse. Au contraire, en 2013 on peut observer une hausse de violence homophobe dans les statistiques, +80% par rapport à 2012 d’après le rapport de SOS Homophobie. Avec un « pic de recrudescence lors de la débandade de la Manif Pour Tous« , nous explique Nicolas Rividi, porte-parole de l’inter-lgbt.

Campagne Inter-LGBT/TBWA Février 2015

A travers cette campagne, c’est l’impact du vocabulaire utilisé par tous qui est visé. Banalisé, il devient dangereux, ainsi l’agression perpétuelle que ces mots représentent participe à la stigmatisation d’une minorité, sans même que cela soit conscient.

Remerciements à Nicolas Rividi, porte-parole Inter-LGBT concernant la lutte contre les discriminations, contacté par Lesbiennedelatoile.com.

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