ART-PLASTIQUE : Helena Almeida et le corps

Il me paraît encore dur de me dire qu’il faut la présenter. Helena Almeida est une artiste peintre, photographe portugaise, née en 1934, elle grandit avec un père sculpteur.  Après avoir étudiée à l’Ecole Supérieur des Beaux-art de Lisbonne, son travail émerge dans les années 60 et ses photographies font le tour de l’Europe.

.

 

C’est donc avec son père que tout commence, dès son plus jeune âge elle se familiarise avec le monde de l’art, dans l’atelier paternel. Elle passe dès lors des heures à le regarder travailler, elle pose pour lui, gribouille sur son carnet, puis finit par s’approprier l’endroit, pour créer elle-même ses propres oeuvres. Pour travailler Helena a besoin d’Arthur Rossi, son compagnon, qui fige grâce à son appareil photo toutes les mises en scènes de l’artiste. Ses oeuvres sont comparées à de véritables chorégraphies, tout est pensé, les séries suivent une logique, un mouvement, ce ne sont pas des autoportraits, mais des représentations d’instants. Toute son oeuvre est pluridisciplinaire : photographie, peinture, dessin tout support est réuni pour ne créer qu’une seule et même matière.

Helena Almeida, Pintura Habitada (Inhabited Painting), 1976

Helena a commencé avec tout, de la peinture qui fait corps avec des photographies, un noir et blanc figé représentatif de scènes mouvementées, tout cela sans arrêt rehaussé par une « tache » bleue, rouge. Au-delà de la technique incroyable de l’artiste, ce qui reste le plus important est l’utilisation du corps à travers ses travaux. Son visage est quasiment omniprésent, il se cache, se devine, elle se fond dans la peinture pour laisser place à son corps.

Helena Almeida, Dentro de mim (Inside me), 1998

 

Helena Almeida, Dentro de mim (Inside me), 2000

Qu’il s’agisse, d’une main, d’un pied, son corps reste l’objet de notre attention, c’est lui qui fait le plus grand travail, lui qui invoque les émotions. « Je tente d’ouvrir un espace, d’en atteindre les bords,  coute que coute.. C’est pour moi une question de vie ou de mort », l’artiste a clairement inventé une autre dimension où les supports se mélangent pour laisser place à un sentiment. Dans les séries les plus vieilles, elle retranscrit l’envie de se faire entendre, « Ecoutez-moi », une oeuvre utilisée pour parler en images, dans les plus récents travaux il y a cette série , qui pour moi reste la plus belle, on retrouve un corps meurtri, toute confiance s’efface pour le doute et   cette fois-ci Arthur, son mari pose .

 

A eux deux, le temps de quelques photographies ils immortalisent la peur de perdre l’amour, des corps presque emprisonnés par ces fils de fer qui sont les seuls à les retenir dans cet atelier. Elle transforme leur couple en oeuvre d’art et ça c’est vraiment beau.

 

 

 

Helena Almeida, les filles du Calvaire .

Publicités