News : La Garçonne, naissance de nouvelles femmes.

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Le pantalon, aujourd’hui si facile à porter et tellement pratique. Saviez-vous que les femmes n’avaient pas le droit de le porter jusque dans les années 20 ? Bah ouai, pendant que leurs maris allaient faire joujou avec des armes pendant la guerre, il fallait bien travailler pour subvenir aux besoins de leurs gosses ingrats. Du coup, non seulement ces femmes ont réinventé la mode mais c’est aussi une manière de marquer le début de leur émancipation. Après tout, si elles devaient travailler comme des hommes, pourquoi n’auraient elles pas le droit d’agir comme eux ?

C’est à Paris que la transformation opère grâce à l’irrésistible trio Chanel-Vonnet-Lanvin (oui oui Lanvin était bien une femme, Jeanne de son prénom) qui va imposer le style de la garçonne aux cheveux courts. A la poubelle corsets et autre guipures de leurs grands-mères, la minijupe et les robes taille basse apparaissent; mais c’est grâce au pantalon, symbole emblématique de la virilité, que le marquage des genres s’estompe et que la garde robe masculine prend de l’ampleur dans le dressing féminin. Le tailleur-pantalon restera le plus grand choc vestimentaire encore jamais vu pendant les années folles. Les vêtements de sports suivent de près, même la vieille chemise de nuit qui te fait ressembler à la meuf possédée dans l’exorciste est remplacée par ce pyjama ample dans lequel tu kiff te détendre après une bonne douche. Franchement, y avait bien un moment où il fallait arrêter d’être une potiche hautaine et figée qu’on exhibe à une soirée, surtout si c’est pour ensuite devenir une pauvre mère au foyer soumise, sérieux. Coco Chanel défonce tout en incitant la femme à se libérer et réinvente alors la féminité qui symbolise la rébellion contre une beauté décidée par l’homme.

C’est donc comme ça que cette nouvelle mode motive à une nouvelle vie. Forcément, si ces nouvelles femmes veulent s’habiller comme des hommes, pourquoi ne pas leur ressembler carrément ? Ces femmes veulent décider elles-même de leur vie et de leur corp. La garçonne se veut donc androgyne et longiligne, elles aplatissent leur pauvre poitrine avec un bandeau pour paraître plus plate et cachent leurs courbes féminines. Elles portent les cheveux courts, boivent, fument et baisent à tout va, le kiff quand même à cette époque où ton mari que, à la base, tu voulais même pas épouser allait voir ailleurs avant de rentrer s’essuyer sur toi. Et puis c’est aussi et surtout une manière de combattre enfin l’homophobie, bah oui parce que pour les adversaires de l’émancipation, toute femme ressemblant à un homme est forcément lesbienne. Du coup, quitte à se libérer, autant assumer son homosexualité. Une des premières étant Rosa Bonheur, bien avant cette vague (genre au XIXè siècle), réputée pour être un garçon manqué avec ses cheveux courts et son pantalon dont elle était obligée de renouveler l’autorisation du port avec une permission de travestissement (si si, sinon elle risquait d’être accusée d’usurpation d’identité masculine). Au cinéma, l’androgynie est une influence esthétique diffusée par les stars hollywoodiennes qui souhaitent s’affirmer dans un monde dirigé par les hommes. Exemple: Marlène Dietrich.

 

Rosa Bonheur
Rosa Bonheur

Grâce à cette révolution vestimentaire la mentalité des femmes se renforce et leurs habitudes évoluent, fini la faible soumission à la gente masculine. A une époque où leurs robes leur faisaient un énorme cul les empêchant d’entrer seule dans une voiture, imiter les hommes devient un tremplin pour l’indépendance féminine et l’égalité des sex. Cependant, c’est qu’à partir de 1960 que les écoles deviennent mixtes et en 1966 que notre regretté Yves Saint Laurent révolutionne le tailleur-pantalon en premier véritable smoking pour femmes élégantes, et oui, c’est pas parce qu’on est un garçon manqué qu’on est obligée de s’habiller comme un sac.

 

 

Morticia .

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