MUSIQUE : Skating Polly, l’apparence de l’innocence

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Bercées par Elliott Smith et Big Star, les deux très jeunes fondatrices de Skating Polly ont de l’énergie à revendre. A 19 et 14 ans, elles ont déjà derrière elles un passé musical plus qu’étonnant.

Intéressées et passionnées, elles en connaissent plus sur le punk-rock que n’importe quel rockeur quadragénaire. Aussi, leur esprit roots et leur persévérance leur a permis de conquérir le label Nice People qui leur ouvre la voix du succès international en 2011, grâce à l’album Taking over the world.

Fortes d’une assurance qui défie celle des plus grands, les deux jeunes filles ont très vite laissé place à des monstres de scènes, donnant çà et là des concerts. Aux quatre coins des Etats-Unis, elles font vibrer leurs rythmes saturés et dégainent leurs voix enfantines.

Ainsi, en cet été 2014, elles ont enchaîné une douzaine de dates et ont fait connaissance avec la scène musicale européenne. Relayée dans les inRocks et diffusées dans quelques radios underground, elles ont su se faire une place auprès des plus grands noms du rock du moment.

Armées de leurs tee-shirts à l’effigie des groupes de leur enfance tels que Blink-182, elles démontent les stéréotypes sur ce que l’on se plaît à appeler « la génération y » et prouvent que le rock n’a pas totalement laissé place aux rythmes électroniques et aux voicecoders.

La lo-fi est leur marque de fabrique. Commençant leur carrière par des enregistrements home-made aidées par leurs parents, les deux jeunes filles ont su conserver cette part d’authenticité une fois les portes de studios ouvertes.

C’est d’ailleurs grâce à cette authenticité et à cette volonté indéfectible de faire survivre le rock à l’ancienne et revivre l’expérience Riot Grrrls que Skating Polly a su s’attirer les faveurs de nombre d’artistes de renommée internationale, à l’image de Kate Nash, Soko, les Wavves ou Band of Horses.

Bébés du rock, jeunesse grunge, les Skating Polly donnent du fil à retordre aux stéréotypes touchant leur temps. En effet, malgré des sonorités US très apparentes dans leur jeu et une inspiration punk/rock non négligeable, ces dernières surprennent aussi en s’attaquant à des monstres de la pop culture. On pense alors à leur reprise de Can’t Tell Me Nothing du géant américain Kanye West. Loin de s’enfermer dans leurs influences, les jeunes filles savent récupérer les bons points des décennies passées mais aussi se faire une place dans le paysage moderne.

De cet habile mélange d’atmosphères résulte donc un agréable bazar, au croisement entre le punk-rock sale des années 90 et le souffle de renouveau impulsé par ces petites voix perdues dans l’espace-temps. Après 3 albums le jeune groupe a ainsi acquis une respectabilité outrepassant l’âge des fondatrices et saluant une passion sans faille et une volonté sans concession.