ART- P : Ana Mendieta et l’utilisation du corps

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Ana Mendieta est une artiste américano-cubaine et son oeuvre retrace la violence faite aux femmes, les abus sexuels et le caractère éternel de la nature.

 Née le 18 novembre 1948 à la Havane, son passé traumatique elle en a fait sa force : exilées avec sa sœur de leur pays d’origine, Cuba, à l’âge de 13 ans, elles se rendent finalement aux Etats-Unis. C’est à l’université qu’elle se construit une formation artistique, son oeuvre c’est son corps, qu’elle décline à travers la photographie, la peinture, la sculpture.

Son amour pour la nature 

Le « landart  » maître mot de son univers, est un mouvement qui relie l’art et le paysage. C’est à travers la série Silueta ( 1973-1980) qu’elle marque le caractère éternel et spirituel de la nature.

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Son corps est comme une matière éphémère et diffusible lié à un environnement qui lui ne meurt jamais, la nature. L’artiste laisse les traces invisibles de son existence et cette oeuvre fut sa première approche d’un travail rattaché à son corps. Son corps est très peu présent dans cette série, mais il est suggéré de manière onirique grâce aux silhouettes qu’elle laisse dans cette nature cubaine, terre de son enfance.

Un corps qu’elle violente

Avec son corps, Ana Mendieta explore des thèmes récurrents tels que la violence faite aux femmes et les abus sexuels. Son but n’est pas d’adoucir cette irascibilité, mais bien de la mettre en lumière, quitte à choquer le public : elle utilise du sang animal, simule un viol, déforme son visage contre une vitre. Tous les moyens sont bons pour que son oeuvre s’entrechoque avec le réel, car derrière tout cela il y a une véritable volonté de dénoncer, politiquement et socialement.

Untitled (Rape Scene)
Untitled (Rape Scene)

L’artiste reconstitue et simule une scène de viol, à travers la photographie, corps courbé et torturé, l’image retranscrit à merveille la violence de l’acte. 

Glass on body imprints ( 1972)
Glass on body imprints ( 1972)

 

Dans cette série l’artiste interprète son corps comme une sculpture. La plaque de plastique le déforme, le faisant apparaître tantôt difforme tantôt brisé.

Ana Mendieta est fondamentalement une artiste qui a marqué le courant d’art féministe des années 70 ; elle meurt à l’âge de 37ans d’une chute d’un immeuble. Tout comme son oeuvre, spirituelle et mystérieuse, sa mort considérée comme un suicide a laissé planer des doutes. L’essentiel étant que son empreinte reste éternelle, ici sur la toile.