Où sont les femmes de pouvoirs ?

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L’égalité homme-femme, notre jolie Najat en parle depuis quelques mois, avec une citation marquante « Si on accepte l’inégalité salariale, on accepte toutes les inégalités ». Trente ans après la loi Roudy du 13 juillet 1983 sur la parité professionnelle homme-femme, les avancées en matière d’égalité ont été énormes, le marché du travail a été massivement investi par la femme et le nombre de femme active a doublé.

Mais les inégalités salariales, ça en est où ? Un écart de 27 % entre tous les salaires des hommes et des femmes, tous les postes et les temps de travail confondus. Pour cause, les temps partiels sont occupés par des femmes à 80%. La femme s’investit plus dans les taches domestiques, car elle travaille généralement dans des secteurs moins rémunérateurs que son conjoint (C’est l’Observateur des inégalités qui le dit, pas moi). Pourtant toujours d’après les statistiques, madame a plus de diplôme que monsieur, mais dans des filières assez bouchées. La femme fait des études en psycho, philo, lettres, arts et j’en passe. Ainsi dès le lycée on peut remarquer qu’il n’y a que très peu de garçons dans les classes de L, et moins de filles dans les classes de S.
Les inégalités salariales sont liées à l’influence sur les choix d’orientation de nos filles. Ca commence très tôt, je ne vais pas refaire un topo sur le bleu et le rose parce que ca va beaucoup plus loin. Ce sont des représentations de spécialités masculines et féminines, qui ne pourront changer que si nous nous donnons les moyens à travers l’éducation de les changer. Le médecin peut être une femme et les métiers de soins ne sont pas réservés à la gente féminine, vous êtes d’accord je le sais. Alors arrêtons-nous de glisser ce genre de clichés dans l’inconscient de nos enfants, pour qu’ils s’orientent vers des métiers par envie et non pour poursuivre un schéma social. Ainsi il y aurait peut-être plus que les 7% actuelles de femmes occupant des postes à responsabilité dans les entreprises du CAC 40.

La représentation passive de la femme a un impact sur le choix de carrière donc, mais aussi sur son évolution. Ce qu’on appelle communément le plafond de verre est un obstacle invisible vers les postes à haute responsabilité, un frein que se posent inconsciemment certaines femmes devant la difficulté à transgresser la norme et s’imposer dans un milieu masculin. Il apparait à la femme comme un choix raisonné alors qu’il n’est rien que de l’autocensure d’elle-même. D’autres facteurs tels que son vagin, son supposé désir de maternité donc son futur –toujours supposé- manque de disponibilité et autres excuses basées sur des stéréotypes participent à défavoriser la femme dans la montée des échelons de la hiérarchie. Les femmes sont donc moins promues que les hommes, ce qui explique surement la différence de 19% entre les salaires de même temps. J’ai énoncé des généralités basées sur des statistiques, évoqué diverses causes sans pour autant expliquer la différence de 10% entre les salaires des hommes et des femmes pour un MÊME temps de travail et un MÊME poste. Ça doit être de la discrimination due à une croyance en des stéréotypes présents dans la vie quotidienne, à travers les livres pour enfants, les romans de gare, les publicités et les téléfilms. Le pire c’est que cette caricature grossière de la femme maternelle, douce et empathique est acquise chez certaines femmes. N’avez-vous jamais entendu cette phrase « je ne suis qu’une femme » ? Si déjà elles-mêmes s’accrochent à un schéma périmé où elles restent cantonnées dans son rôle d’utérus sur patte, comment voulez-vous que la société -patriarcale- nous prenne au sérieux ? L’ambition, le leadership et la conquête du pouvoir ne sont pas permis qu’à l’homme. D’autres solutions sont apportées, notamment en Norvège qui pratique la déspécialisation des sexes dans certaines crèches ou la discrimination positive à haute échelle en fixant un quota de 40% de femme dans chaque conseil d’administration.
Des plans, des discours, beaucoup d’argent, mais pas encore assez pour remettre en question l’inertie de nos mœurs. Le féminisme ce n’est pas que girl powa, ce n’est pas endommager la cloche de la cathédrale Notre Dame de Paris. C’est mettre à bas des préjugés, sortir des stéréotypes qui nous cantonnent toujours au même rôle, qu’on soit homme ou femme.

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