ART : FRIDA KAHLO , la poupée russe.

Frida Kahlo in New York,  1946

« Ils pensaient que j’étais une surréaliste, mais je ne l’étais pas. Je n ‘ai jamais peint de rêves, j’ai peint ma réalité  »  FRIDA KAHLO 

Nombre de personnes sont en mesure de connaître Frida Kahlo, artiste et femme engagée née le 6 Juillet 1907 au Mexique. Avec plus de 160 oeuvres, elle fait partie de ces artistes qui ont puisé leur inspiration dans leurs vies, une douleur qu’elle a souvent exprimée grâce à son corps.  Frida Kahlo n’a jamais été qu’une seule femme, elle en est plusieures à différent degré :

Une femme brisée 

Une femme qui n’a cessé durant toute sa vie de voir son corps se défaire et s’amoindrir en force depuis son plus jeune âge, en effet à 8ans elle se retrouve victime d’une poliomyélite, le résultat étant une jambe droite atrophiée cela entraînera aussi une malformation de sa colonne vertébrale . En 1925, elle est victime d’un accident de bus, lui brisant de multiples membres, donnant suite à de nombreuses fausses couches.. Une femme brisée qui a rejeté son malheur, mal être à travers divers autoportraits, peut-être une façon d’introduire une thérapie, comme Cézanne.

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Le cerf blessé, Frida Kahlo 1946

Cette peinture très représentative du corps meurtri qu’elle traînait quelques années avant sa mort ,il  était destiné au couple Boytler des amis qu’elle chérissait, elle l’avait accompagné d’un poème écrit par elle-même dont je vous livre quelques extraits:

« La tristesse est reflétée
dans chaque recoin de mes tableaux,
je ne vois pas la moindre issue
car c’est bel et bien mon lot. « 

D’autres tableaux exprimant sa souffrance :

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Les deux Frida, 1939

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La colonne brisée , 1944

Une femme, masculine 

Frida Kahlo, n’a jamais rejeté son identité masculine, dans plusieurs de ses tableaux  notamment autoportraits on l’a vu exagérer les traits, sur une moustache, un mono sourcil , une carrure ou une posture . Ce côté est très représentatif de la dualité du personnage de Frida, son côté masculin l’aidant à exprimer sa force, rejetant sa fragilité, une sorte de posture solide qu’elle s’approprie le temps d’un tableau.

frida-autoportrait-aux-cheveux-coupes-1940Autoportrait, cheveux coupés, 1940

Une femme artiste

Une femme engagée dans l’art, avec un travail souvent qualifié de surréaliste qu’elle prenait plaisir à dénigrer , se considérant comme une peintre s’inscrivant dans le courant du réalisme. Une femme qui n’a pas eu peur d’exposer le corps féminin dans les années 40, ces sujets qui touchaient peu d’artistes de l’époque, elle en a fait sa force . Un violent désir d’exprimer une liberté dans un pays ( Mexique) qui ne l’a jamais offert, c’est pourquoi Frida peignait pour s’exprimer, comme on écrit, comme on parle, sa voix était dans ses pinceaux , une quête de l’identité et des sujets qui touchaient toutes les femmes.

Pour finir, un extrait d’une lettre qu’elle adressa à  Nicolas Murray peu de temps après son passage à Paris :

« Ils ont tellement de foutus intellectuels pourris que je ne peux plus les supporter. Ils sont vraiment trop pour moi.J’aimerais mieux m’asseoir par terre dans le marché de Toluca pour vendre des tortillas que d’avoir quoi que ce soit à voir avec ces connards artistiques de Paris… Je n’ai jamais vu Diego ni toi perdre leur temps à ces bavardages stupides et ces discussions intellectuelles. C’est pour ça que vous êtes de vrais hommes et non des artistes minables — Bon sang ! ça valait la peine de venir jusqu’ici juste pour comprendre pourquoi l’Europe est en train de pourrir, pourquoi tous ces incapables sont la cause de tous les Hitler et les Mussolini. »

RETROSPECTIVE DU 9 OCTOBRE 2013 au 13 JANVIER 2014 au Musée de l’Orangerie .

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